Je ne suis probablement pas le premier à faire le tour du monde à vélo.

Je ne suis probablement pas le premier à alimenter mon vélo avec des panneaux solaires.

Mais je suis probablement le premier à n’y rien connaître et à y arriver quand même ! 🙂

Pour faire court : le premier projet Solatrike a échoué à cause de sa conception.

Mais ce n’est pas une raison pour abandonner.

Le deuxième projet Solatrike est fondamentalement différent de la première version.

La version 2 est un tricycle couché d’AZUB Bike, en République tchèque. Il est lui aussi à assistance électrique, mais je transporte la plupart de mes bagages sur une remorque. Les modules solaires sont également montés sur cette remorque.

 

« Je ne vais pas seulement parler d’énergie alternative, je vais agir et peut-être apporter ma contribution. »

L’idée est de faire un long voyage avec un véhicule qui a besoin d’énergie, mais qui fonctionne avec des batteries rechargées par des panneaux solaires.

Le voyage a commencé en 2015 et a été interrompu en 2020 à cause de la pandémie. En 2024, j’ai repris mon incroyable voyage, qui « pourrait être considéré comme l’une des plus longues expéditions en vélo électrique et peut-être la plus longue jamais réalisée en vélo solaire ».* (*Citation de Honza Galla)

Seul, sans assistance et sans esprit de compétition.

C’est néanmoins à ce jour le premier long voyage intercontinental réalisé en tricycle couché solaire à assistance électrique.
– 4 continents
– 51 000 km
– 23 pays

(en octobre 2025)

Le trike est un tricycle couché AZUB T-TRIS 20 non pliant en aluminium : toutes les roues, y compris celles de la remorque, font 20 pouces. Honza Galla, d’AZUB, m’a énormément aidé en partageant son expérience du Sun Trip pour mon projet. En chemin, j’ai de mieux en mieux compris mon véhicule, au point de pouvoir non seulement remplacer les pièces usées, mais aussi améliorer l’ensemble de la conception.

La première remorque, en aluminium, avait été fabriquée par AZUB, et j’ai dû la laisser en Iran. En trois jours, j’ai dû reconstruire une remorque en Ouzbékistan, où je n’ai trouvé qu’une seule entreprise fabriquant des cadres de fenêtres en aluminium. Malheureusement, toute la remorque était vissée à partir de pièces de cadres de fenêtres, et je perdais sans cesse des vis sur les routes cahoteuses d’Asie centrale. Comme je devais expédier le Solatrike en Australie, j’ai décidé de me débarrasser de la deuxième remorque à Hong Kong et de construire la troisième version à Darwin. La plus grande amélioration a été la suspension que j’ai bricolée moi-même, et depuis je n’ai plus eu à changer les essieux – si je me souviens bien. En même temps, j’ai remplacé le moteur moyeu et le second moteur, un moteur pédalier relié aux manivelles par une seule chaîne. Malheureusement, ce moteur n’était pas adapté et s’usait trop vite ; j’ai donc dû le remplacer plus tard par un autre moteur de Cyclone.

J’utilise généralement l’assistance du moteur moyeu, qui fonctionne de 8 à 25 kilomètres par heure, mais avec tout ce poids en montée, j’irais plus lentement, ce qui tirerait trop sur la batterie. C’est pourquoi j’ai relié le moteur pédalier aux manivelles par une chaîne mono-vitesse, ce qui m’aide à gravir les côtes raides à une allure d’escargot de 4 à 8 km/h.

L’ensemble peut peser de 200 à 300 kg (moi compris), selon la quantité d’eau et de nourriture que je dois emporter.

La remorque mesure 377 cm et pèse 58 kg sans bagages.

La longueur totale avec le trike est de 555 cm.

 

Le moteur moyeu est un Electroride Enduro avec réducteur planétaire, 10 T de couple et régulateur de vitesse.

Le moteur pédalier Cyclone est sans balais et sans engrenages externes, avec capteurs à effet Hall et un réducteur planétaire interne. Son couple nominal est de 70 Nm et son couple maximal de 130 Nm.

 

J’ai aussi dû remplacer la batterie deux fois. Une première fois après seulement 3 500 km, mais c’était parce que j’utilisais les mêmes batteries que Honza à l’époque du Sun Trip. E-Pohony, en République tchèque, a recâblé tout le système, du chargeur solaire à la batterie, et installé une batterie Li-ion de 48 V / 17,6 Ah d’une capacité nominale de 844,8 Wh, avec BMS bien sûr. Après 32 000 km, cette batterie était à bout, car je la charge et la décharge en même temps. Comme j’étais à Adélaïde, j’étais au bon endroit : Mic Chapman a installé une nouvelle batterie lithium (Li-ion) dans le même boîtier, en réutilisant le même BMS. Il a utilisé une combinaison de 8 cellules en parallèle et 13 en série, soit 104 cellules au total. La capacité est de 10 à 20 Ah sous une tension nominale de 48 V, ce qui correspond à une capacité nominale de 960 Wh.

 

Pour les modules solaires, j’ai eu la chance de rencontrer le fabricant au bon moment et au bon endroit. Pendant la construction du prototype Solatrike, je visitais une île du nord de l’Allemagne et j’ai vu un petit panneau solaire monté sur un vélo au camping. J’ai rencontré juste à temps son propriétaire, qui s’apprêtait à partir, et j’ai appris qu’il fabriquait ces modules. Je lui ai envoyé les dimensions de la remorque et mes exigences, et six modules s’y sont parfaitement adaptés. Les puissants modules SolarFun easy SFe 86-15 sont très légers et flexibles, avec des cellules SunPower et un rendement d’environ 20 %. Ils mesurent 960 x 540 x 3 mm et pèsent 1,8 kg chacun. La puissance crête (STC) (Pmax) est de 86,0 W par module, soit 516 Wc au total à 20 °C. Mais ce ne sont que des chiffres, car on n’atteint jamais les valeurs de crête.

Les régulateurs solaires que j’utilise sont 2 Genasun (GVB-8-LI-54.6 V) et 1 Genasun (GVB-8-WP Boost 105-35 W étanche).

 

Ma vitesse maximale à ce jour (en descente et sans moteur, bien sûr) est de 65,75 km/h.

J’utilise un Shimano Altus 6 vitesses avec une chaîne 8 vitesses, des freins à tambour Sturmey Archer et des pneus Schwalbe Marathon Plus 47-406 20 x 1,75 gonflés à 5,0 bars.

J’ai aussi un feu arrière et un phare avant alimentés par le système 48 volts.

 

Au moment où je vous raconte tout cela, je ne connais toujours pas tout de mon véhicule, car je l’utilise surtout comme moyen de transport. Je me concentre davantage sur la photographie, les croquis en route, la guitare et les rencontres avec des gens très intéressants. Il y a mille histoires à raconter, et peut-être les ai-je toutes écrites dans mon livre sur le voyage du Solatrike.

Vous trouverez bien sûr plus d’informations sur mon site web et ma chaîne YouTube.

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